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Marjory - Carreleur, un métier ouvert aux femmes

Portrait

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09/05/2017

Quand Marjory parle de son métier, on sent la détermination pointer derrière le sourire. Et c’est bien cette ténacité qui lui a permis de devenir carreleuse, après un stage suivi au centre d’Angoulême-Mornac. Un métier où les femmes représentent seulement 1,4 % des effectifs.

Marjory, 34 ans, a exercé différents métiers dans le commerce et la restauration avant de devenir carreleuse. Le déclic est venu alors qu’elle construit avec son (ex)mari leur maison : elle se charge des travaux de finition et se découvre une passion. « C’est le côté artistique qui m’a plu, le travail manuel, faire de belles choses qui se voient », dit-elle.

Une reconversion pourtant pas facile. Il lui a fallu d’abord convaincre Pôle emploi qui préférait l’orienter vers des métiers de service et de bureau. Devant son obstination, Pôle emploi subordonne son accord à une “Évaluation en Milieu de Travail” (EMT). Marjory contacte alors une quinzaine d’entreprises. Une seule répond favorablement à sa requête : « Florian Gilardeau, jeune patron de Paralax, m’a immédiatement fait confiance. Sans lui, je n’aurais pu entrer en formation. » 
En 2015, Marjory débute sa formation de carreleuse au centre d’Angoulême-Mornac : « J’étais la seule femme parmi une quinzaine de stagiaires. J’ai tout de suite été à l’aise. L’enseignement cadrait avec mes attentes… »
« Très peu de femmes tentent ce métier réputé très physique, et les rares carreleuses exercent surtout en famille », ajoute Bernard Maurin, son formateur.

Son diplôme en poche, Marjory trouve immédiatement du travail, via l’intérim, essentiellement dans des PME. Elle refuse même des missions pour « garder un équilibre familial et personnel… » Sur la totalité des chantiers réalisés, Marjory n’a rencontré qu’une seule fois de la réticence parce qu’elle était une femme. Sa plus grande fierté : avoir été rappelée par un chef d’entreprise qui, méfiant, l’avait recrutée initialement pour démarrer le chantier et qui lui a demandé ensuite de le réaliser entièrement.
Sérieux, précision, goût et motivation.

Marjory travaille essentiellement pour une entreprise locale de rénovation et de construction, Concept Bat : « Il faut être autonome et indépendant, s’adapter rapidement, cela me correspond tout-à-fait. » Elle fait beaucoup de rénovation et intervient souvent seule. Il lui arrive aussi de participer à de grands chantiers où elle côtoie d’autres corps d’état. « Le Bâtiment est un peu une famille, c’est intéressant d’échanger avec des collègues de métiers différents. »
La diversité des chantiers permet d’aborder de nouveaux matériaux et de mettre en œuvre de nouvelles idées. « Les clients me demandent souvent des conseils sur la décoration, les matériaux… Nous travaillons à embellir leur maison, c’est important. » Un métier qui est physique ? « Oui, les matériaux sont lourds, des sacs de 25 à 30 kg mais, en général, on ne les porte qu’une fois, en début de chantier. »
Un parcours net et précis comme son métier.

L’avenir, Marjory ne le voit pas autrement que dans ce métier ! Elle vient de passer N3P2, moins de deux ans après ses débuts. Cet échelon professionnel, véritable reconnaissance de son engagement et de sa qualité de travail, lui permet désormais d’être chef d’équipe et d’encadrer des ouvriers. Il lui garantit également un salaire équivalent à celui des hommes.

Françoise Casenave
 

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